01 / 02 / 2019

Une nouvelle année s'annonce et avec elle un nouveau roman: La louve aux crocs d'ivoire, antique légende que seuls les plus anciens des conteurs font vivre près des âtres, lors des longues soirées de la saison des glaces. Terrible et magnifique elle emporte les cœurs et les esprits vers les temps de jadis, vers des temps où les peuples des Terres d'Ilhyya n'étaient encore qu'une pensée dans l'esprit des dieux anciens. Ici découvrez en plus tandis que le grimoire de mon premier roman s'offrira bientôt à vous. Place à la louve et au dieu sombre. 



03 / 02 / 2019

La légende sera, comme la dernière fois initié par un beau tercet de l'ami Higuma San qui me fait l'honneur et la joie de m'accompagner dans mes aventures. Le voici pour vous:

Dominant bêtes, esprits et dieux,

En tous lieux répandant la malemort

Par la louve il sera combattu.



08 / 02 / 2019

    "Les royaumes étaient jeunes encore aux temps des faits contés en ce grimoire. Les montagnes s'élevaient en de grands cataclysmes, poussées depuis le dedans de la terre par les forces des titans bâtisseurs. L'astre d'or et les trois lunes concouraient à la création des forêts antiques où jouaient les premières âmes. De leurs rages les titans creusaient la terre qui elle seule décidait du lit de ses rivières, des abîmes de ses lacs que les pleurs des landes d'azur emplissaient. Ilhyya, déesse originelle, incarnation des forces de la Nature, de son être créait les vastes terres, de sa force et de son amour engendrait les royaumes où, bien des âges plus tard, devaient vivre et s'étendre les peuples nés des dieux.

    Les anges immatures étaient encore ces titans bien plus hauts que les plus hauts sommets lorsque le sombre royaume à la Mort fut confié"...



12 / 02 / 2019

La quatrième de couverture est souvent un exercice de rédaction difficile mais la légende d'Imlyn me l'inspira promptement. La voilà avec la future couverture du roman (le loup pourrait varier).

Il est né de la mort et s'est proclamé dieu de malemort. Parmi les divins habitants du royaume d'Hélios il prit palais et trône, siégeant, fier et sombre tandis que sa mère agonise en une geôle sans porte. Les hommes ne sont pas encore nés qu'il lutte déjà pour le pouvoir. Il massacre pour le plaisir les bêtes et les âmes juvéniles, leur fait découvrir mille morts aux atroces agonies. De ses actes abominables naîtront les fureurs du dieu pacifique et les ires animales. Sur les traces de Darshaan elle s'élancera, chasseresse impitoyable. Tandis que son frère ira rassembler les divins seigneurs par le verbe, Imlyn, la louve, donnera à Darshaan la grande chasse. Coûte que coûte elle fera cesser cette macabre folie. Jusque dans son antre elle l'ira traquer, aspirant à ce duel qui la verra revenir victorieuse ou mort. Dans la fureur de la chasse elle inscrira la légende de la louve aux crocs d'ivoire.



19 / 02 / 2019

Le dieu de malemort, après son odieux forfait, trouvera aux portes du palais qu'il revendique, une bête qu'aucune de ses magies ne pourra déloger. Il ne la peut vaincre, il ne la peut occire. Elle sera donc sa protectrice, la dame mante aux terribles ires. Son portrait ici sous son apparence semi-humaine.



22 / 02 / 2019

    Face aux manigances de Darshaan et à ses noirs desseins tous ne restent insensibles. Il reste dans les cœurs divins de l'honneur et de l'audace.  Les dieux se lèvent et se préparent à la guerre. 

 

"Au dehors Eryys menait le cortège, armant les dieux de ses meilleures lames, vêtait les légions animales des armures naturelles de bois, de roches, de gemmes et de mousse, de vents, d’eaux et de feux. Foudre de guerre elle formait les légions, leur donnait les ordres, intronisait les chefs. En la langue ancienne elle invoquait les bêtes qui, toutes vêtues de métal, prenaient place aux côtés de leur protégé. Derrières elles s’en venaient d’autres hordes, plus nombreuses encore, répondant à l’appel secret de la fraternité bestiale. Llyw traduisait à mesure les paroles de la guerrière, attisant les rages et les fureurs tandis que Darshaan en chaque flaque, en chaque onde rouge, créait les miroirs de sang"...



03/ 03 / 2019

"Au delà du seuil d'autres gardiens l'attendaient : les spectres de la défaite qu’il avait avec tant de rires et de sarcasmes jetés contre ses ennemis. Ils veillaient, sereins, leurs longues mains décharnées cherchant la caresse de la peau du dieu de malemort, rangeaient au côté l’armes, frôlaient les cornes, tentaient de s’emparer des ailes draconiques. 

Il ne voyait plus ni palais ni île, ni protecteur ni fossoyeur. Il n'était plus face à lui que ténèbres. Les flammes de son regard lentement transperçaient ces voiles noirs où il découvrait Mortis, immobile, ensanglantée. À cette vue il sourit. À celle des dieux qui marchaient vers elle, avec le dessein de la libérer, il hurla, se hâta contre cette porte où sa course prit fin. L'aiguillon arachnide lui promettait la mort. Il lui fallut toute la promptitude des réflexes dont il était capable pour s'arrêter à temps. 

La bête s'avançait, sans se cacher, dévoilant sa haute taille, son corps de lion, ses ailes membraneuses, sa face humaine. Ses griffes semblaient poignards, son aiguillon lame d'un sicaire. Pas à pas, sans amoindrir la menace le manticore se redressait, puisant dans l'humanité sa posture. Il souriait face à Darshaan, le premier brisait le silence.

– Dis-moi, petit dieu, que sais-tu des oracles ?

– De pauvres hères, des fous qui croient connaître la destinée de tous. Je les exècre et tu ne fais pas exception, bête immonde.

– Je vois que ton arrogance est toujours aussi emplie de fiel. Veux-tu connaître la raison de ma venue ou tenteras-tu de m'abattre ?"...

 



03/ 03 / 2019

 Voici le Manticore, l'un des deux oracles de l'âge premier, l'un des grands connaisseurs de la destinée, celui qui vint à la rencontre du dieu de Malemort.



15 / 03 / 2019

Il est dans les abominations de Darshaan, dans les actes impies, des sacrilèges pire que tout. Il est dans la soif de pouvoir et l'orgueil des folies qu'aucun esprit jamais n'aurait osé tenté. Il les accomplit, s'attira la rage du dieu le plus tranquille de tous.

 

    "Les cœurs saignaient à la vue des cadavres emportés en trophées, des cœurs palpitant par la ruse des souffles noirs. Certains reconnurent, dans les blessures des os, dans les cicatrices des pelages, des frères d’armes tombés, des ennemis valeureux d’autrefois. Et les pleurs inondèrent la terre. Chaque larme était pour Llyw un coup de tonnerre, un grondement sourd qui lézardait les murailles de sa forteresse intérieure. Alors le dieu des bêtes, le grand pacifiste, se départit de sa quiétude habituelle.

Auprès d'Eryys il s’en alla chercher arme et armure. Le temps était venu pour lui de prendre le sentier de la guerre. Avec une confiance mêlée d'effroi elle le mena aux salles d'armes. Elle avait vu dans ses yeux cette flamme claire de la rage trop longtemps contenue. Les dernières barrières qui empêchaient Llyw de sombrer en la folie écarlate menaçaient de céder à chaque instant. Elle savait, plus qu'aucun autre dieu, le péril que représentaient les fureurs de Llyw"...



22 / 03 / 2019

La louve aux crocs d'ivoire et le dieu de malemort se font face. Le combat fait rage. Il tente de vaincre, touche au but lorsque les mots d'Imlyn sonnent à ses oreilles comme l'annonce d'une défaite annoncée.

 

    "Tout à son combat, sans plus de crainte, Darshaan repartit à l'assaut, visant ces points faibles. Aussitôt elle courbait l'échine, les refermait, ne lui offrant que défaites, assaut après assaut. Il ne vit dans sa fureur, les dernières lueurs quitter les yeux de la louve lorsque sa gorge s'offrit. Par ses ailes hâté il filait droit sur elle et, le poing sur le pommeau, lui transperça la gorge de part en part. Imlyn chancela, perdit soudain le soutien de ses pattes et menaça de s'effondrer sur lui. Il jubilait lorsque soudain la louve laissa tomber sa tête et plongea dans son regard. 

Il ôta l'arme, ne retrouva d'elle que la garde et le manche. Imlyn de tous ses crocs sourit lorsque la peur fit reculer Darshaan. D'un coup de la mâchoire, le fixant, elle rompit le cercle de combat. Il vit les crocs transpercer l'aranth, les runes s'effacer, les gardes tomber en poussières. Imlyn contre lui marchait, emplie des forces du néant, dévorant à belle dents quiconque s'interposait entre elle et Darshaan.

– Ainsi donc tu croyais m'occire petit dieu, ainsi donc tu songeais qu'une simple lame m'enverrait rejoindre celle que tu emprisonnas. C'est qu'à la guerre tu n'entends rien si telles sont tes croyances. Il n'est pour moi pas venu le temps de te tuer.

– Le peux tu seulement espèce louve contre nature ? Tu n'est qu'une bête, face à mon essence tu n'es rien, lançait-il plein d’orgueil et de mépris.

Sous le tombereau il dressait porte noire, usait des rituels sombres pour relever les morts, les démembrer et de ces chairs livides se faire une vivante armure"...



22 / 04 / 2019

Longue absence et je m'en excuse mais je lançais mon premier roman. Peu de temps alors à consacré à l'écriture. J'y reviens avec l'invocation qu'Imlyn lança aux landes d'azur. L'appel des ancêtres. 

Ô ancêtres aux longs crocs, ô nobles pairs levez-vous.

Des tertres, des terres de mort revenez en cette nuit sombre,

Il est pour vous une chasse, une traque des rouges ombres.

Sur l’autel de mon âme je vous livre le dieu fou.

 

Que vos os blanchis par les mille milliers de lunes cruelles

Se couvrent de chairs, que coulent les sangs nobles et fiers

Des loups de la grande meute, et de nos frères solitaires.

Faites des vents votre sang, que s’accomplisse le rituel.

 



25 / 04 / 2019

L'appel aux ancêtres, le retour des âmes anciennes, en image par Pauliina Linjama

 



28 / 04 / 2019

     La bouche emplie de fiel, le regard fou, le cœur ardent Darshaan regagna son palais, chassant de son épaule la mante conseillère. Sitôt qu’il en eut franchi les portes il vint en son trône, saisit coupe d’argent et couteau puis initia le rituel. Les mots se précipitaient hors de sa bouche, laissant derrière eux un goût amer de défaite et de honte. Ils se bousculaient, durs et froids, sentences de mort prononcés contre la louve. Les vers honnis, les paroles arcaniques il prononçait sans répit, psalmodiant le mantra de malemort, laissant la haine gonfler sa voix. 

Sans ciller il trancha ses paumes, grava jusque dans sa chair les signes de son ministère. Sur les sangs il versait d’obscures poudres, tirées de flacons cristallins déposés devant lui par les bestiales servantes. Les flots écarlates qui s’amenuisaient semblaient gagner une vigueur nouvelle, emplissant la coupe jusqu’au col. 

Ses mots frappaient l’onde rouge en mille éclairs, levant en cette prison d’argent des creux terribles, océan miniatures aux furies déchaînées. Ses mots éveillaient d’un sommeil sans âge les âmes ténébreuses endormies au plus profond des abysses. Et la voix du sombre dieu de les charmer, de sculpter dans la lourde noirceur une ébauche de corps, chimères abominables, monstres hideux qui pour toute face ne possédaient que miroir de sang."...