Au commencement des temps il n'était rien. Rien que les forces primordiales qui agitaient le néant. Et la Déesse était encore jeune. Bien des âges passèrent ainsi sans que rien ne changeât. Mais un jour de tempête elles furent unis par l'ire d'Ilhyya. La grande déesse ressentait en son sein les douleurs de l'enfantement. La vie depuis trop longtemps en elle coulait. Le temps était venu pour elle de naître et de prospérer. Les huit alors s'unirent et décidèrent de prendre corps. Gardiens des forces ils invoquèrent le chaos. Monstre hideux aux cent mille visages il répondit à l'appel. Par le grand cataclysme ils fonda le Nexus. La terre et les eaux recouvrirent l'espace infini. Le vent portait à présent leurs voix. Pour la première fois le son naquit. Et leur voix se faisait douce et apaisante. Les pleurs de la déesse emplirent les océans originels. En ces heures où naquirent les Anges et les Grands Oracles les huit se disputaient la création du premier royaume.

           Longtemps ils combattirent en vain. Longtemps ils crurent détenir la victoire. Pas un pourtant ne parvint à remporter la bataille. Alors, lorsque, remise, la Déesse se mêla à la lutte ils furent vaincus en un souffle. Libérant sa magie elle les confinait en l'archipel sacré. Huit ils étaient, huit seraient les royaumes. Et les Anges furent chargés des orbes de vie. Ils allaient avec célérité, portant les précieuses sphères recelant le pouvoir de la Déesse. Chacun reçut l'orbe de l'élément ennemi. Lorsqu'ils apposèrent sur l'orbe leurs mains titanesques la magie fut libérée. Les portes d’entre les monde s'ouvrirent. Avec eux s'en allèrent les premiers esprits et les titans bâtisseurs. Nul se sait précisément quelles furent les incantations prononcées mais le déferlement de magie qui secoua les royaumes en ce premier âge épuisa la Déesse. Elle avait en les artefacts placé une grande partie de sa force vitale. Si l'on ne sait ce que dirent les élémentaux on sait, grâce aux recherches des Érudits ce qu'ils firent.

         Durant les premières aube ils creusèrent la terre jusqu'en son centre, jusqu'au sang bouillonnant de la nature. Dans les flots de feu et de roches ils brisèrent leur plus précieux trésors. En les torrents brûlants ils versaient la force vitale qui coulaient en eux. Et la terre alors répandit la magie. La nature s'abreuvait de cette puissance. Elle allait en tous lieux des abysses insondables aux plus haut des cieux, illuminant la céleste voûte. Certains titans élevèrent des montagnes d'autres creusèrent les vallées. D'autres encore couvrirent les plaines de forêts majestueuses tandis qu'il en fut d'autres qui répandirent en les landes le feu ou la glace. Ainsi naquirent les royaumes des Terres d'Ilhyya.

         Innombrables furent les lunes durant lesquelles la nature régna sans partage, croissant à loisir. Et avec elle les bêtes peuplaient les terres, les océans et les cieux. Et ces âges furent des âges de paix mais un jour s'en vinrent les dieux. Nés des Anges et des esprits primordiaux ils firent leur le royaume le plus vaste et lui donnèrent le nom d'Hélios. Vaste archipel s'étendant sur la mer infinie il fut pendant des millénaires le seul royaume qu'un humain foula du pied.

          Bien des âges passèrent mais la solitudes dieux était pesante alors il en furent qui, par ruses et fourberies subtilisèrent une partie du souffle de vie. Puis selon les rituels anciens et interdits ils donnèrent la vie aux peuples des Terres d'Ilhyya. Chacune des naissances était unique et par les vents de l'espérance ils se répandirent en bien des royaumes. Prima Terrae fut le premier à recevoir leur visite. Puis vint celui des disques d'argent et tous les autres. Mais il n'étaient parmi que des justes, certains voyaient en leur âme germer les graines de la haine et de la malveillance.

         Et les gens sombres en un royaumes furent bannis. Il en est qui s'échappèrent et fondèrent les cités sombres mais beaucoup d'entre eux demeurèrent en le royaume des Lunes Noires. Certains partirent pour Crone avant qu'il ne devienne le séjour des trépassés. Mais le sombre royaume appelait à d'autres desseins. Et les bêtes et les anges par dessus eux les contemplaient de leur sagesse.

         D'autres royaumes encore ne connurent jamais la guerre (à l'heure où j'écris ces lignes). Et ils furent des havres de vie et d'espérances. Sagesse et vertus avaient en ces landes droit de cité. Mais la nature n'aime pas que l'homme par folie ou par orgueil tente de la dominer. Il fut des royaumes qui aux premiers âges retournèrent enfouissant dans le ventre de la terre la présence des hommes. Alors les bêtes prirent place et se firent gardiennes.

        Bien des parchemins pourraient être noircis de l'histoire des royaumes. Mais vous voilà désormais instruits de certaines connaissances. Que la bénédiction des dieux et des déesses d'Hélios soit sur vous et que votre voyage en les royaumes vous soit agréable.