Bien avant la venue des hommes, avant même l’existence des maîtres d'Hélios le divin royaume la nature engendra mille et mille créatures. En tous lieux elles allaient faisant de la nature leur demeure. Il était des créatures titanesques comme minuscules mais toutes trouvaient leur place dans le grand cycle de la vie. Des landes gelées aux terres de feu elles évoluaient, s'adaptaient à leur nouvel environnement. Et la nature eu souvent une imagination débordante. Des squales de laves aux sentinelles des montagnes, des guêpes pourpres aux serpents cyclopéens nul jamais ne sut pourquoi elle engendra tant de bêtes. Mais durant ces âges l'harmonie était préservée. Elles régnaient en souveraines absolues sans que quiconque jamais ne disputa leur suprématie.

        Sages et vigilantes elles maintenaient l'équilibre des forces primordiales pour des millénaires mais lorsque naquirent les dieux la soif de pouvoir naquit avec eux, engendrant un mal bien pire que tous les fléaux de jadis. Alors elles se dressèrent contre aux. Longue fut la guerre, et la mort prit bien des âmes. Elle luttaient vaillamment, ne cédaient jamais, ne reculaient devant aucun ennemi, fût-il investi des plus grands pouvoirs. Les bêtes en horde se rassemblaient. Les créatures océanes, les bêtes célestes, les bestiales âmes des forêts antiques. Elles ne désiraient la mort des dieux. Mais il leur fallait les vaincre. Au paroxysme de la bataille Ilhyya intervint. De son chant elle apaisait âmes et cœurs, de son bras fort elle renvoyait les guerriers, convoquait les esprits et les Anges à ses côtés. Ils ne pouvaient être ennemis, ils se feraient alliés pour l 'éternité.

           En ce jour béni les bêtes devinrent protectrices. Par le pacte elles veillaient sur leur compagnon. Chacun allait, suivant son cœur, trouver la bête dont il était le plus proche. Ainsi firent les dieux. Et l'harmonie fut retrouvée. Mais les bêtes ne furent en les Terres d'Ilhyya les simples protecteurs. Elles furent et sont encore les gardiennes de la sagesse des âges premiers, les détentrices de la magie originelle. Puis vinrent les hommes. Alors le pacte nouveau fut dans les rais de l'aurore scellé. Chaque bête protégerait un homme en échange d'une partie de son âme. Ainsi naquirent les légendes animales. Ils en étaient certaines qui, face aux destinées exceptionnelles liaient leurs vies pour empêcher la mort de prendre trop tôt le héros en devenir.

 

         Les bêtes en les Terres d'Ilhyya sont bien plus que de simples êtres. Elles ont leur propre langage, plus ancien que la mémoire des dieux, et que certains reçurent en don. Les bêtes bâtirent des cités oubliées. Elles régnèrent sur des terres oubliées des hommes. Et la magie dans leurs veines coulait, que leurs sangs fussent froid ou chaud. Depuis l'aube des temps les hommes n'ont de cesse de les étudier, de les aimer et de les vénérer. Elles n'en demandaient pas tant mais le culte de Llyw résista à toutes les guerres et il fut bon qu'il en soit ainsi. Bien des secrets elles enfouirent dans les brumes de l'oubli sans que jamais personne ne les en extirpa.

       Les créatures, filles d'Ilhyya, sous la bannière de Llyw se rassemblaient. Lui même n'avaient qu'en de très rares occasion apparence humaine. Il était le grand mille-visage, la première des bêtes, née du temps d'avant le temps. Et les chimères ses compagnes bâtirent les temples naturelles que la Terre Mère paracheva. Alors naquirent les trois lignées. Pour la sauvegarde des royaumes et celle des hommes au delà la magie entre les bêtes fut répartie. Les bêtes de magie avaient en elle la puissance des chimères et du mile visage. Les bêtes de demi magie ne maîtrisaient toute la puissance en elles cachées. Les bêtes sans magie allaient, inconscientes. Ces lignées n'étaient qu'une invention des hommes. Car en réalité je vous le dis sans détour une guêpe pourpre possède autant de pouvoir qu'un dragon. Si l'union est véritable. Si le cœur est sincère et le dessein pur alors la magie s'exprime sans limite. Mais cela ne vaut que pour la magie bestiale car il est certain qu'un dragon fut-il à peine sorti de l’œuf sera plus puissant qu'un scarabée des landes noires.

        Il ne faut jamais oublier qu'en les Terres d'Ilhyya les bêtes protègent les hommes parfois au prix de leurs propres souffrances. Mais il en est ainsi de leur nature noble. Et jamais les hommes ne seront les protecteurs des bêtes.

        Bêtes des huit royaumes entendez le chant du cœur. Puissent vos voix et votre magie se mêler une fois encore au sang de la terre et montrer aux hommes la voie de l'antique sagesse. Ô gardiens antiques soyez rassurés car en les brumes effroyables de l'oubli jamais vous ne sombrerez.