Ils comptent parmi les créatures les plus craintes des neuf royaumes, en raison de leur taille gigantesque et de leur agressivité qui, il faut le souligner, n’est que bien relative en comparaison des assauts qu’ils subissent. Fils de l’ancienne déesse de la terre il sont infiniment rares. La légende conte qu’il n’existerait qu’un seul couple d’ophax pour chaque grande terre. Des forêts aux monts, des marais aux abysses océanes, des terres de feu aux landes blanches nulle n’est privée de leur présence.

 

Animaux séculaires ils ne sont honorés de l’immortalité mais possèdent la connaissance des arcanes élémentaires et sont bêtes de haute sagesse. Ils ne chassent qu’une fois toutes les cent lunes et alors quittent leurs repaires immobiles qui si longtemps demeurent immobiles qu’ils semblent une partie de la nature elle même. Jamais ils ne se nourrissent plus que nécessaire. Du fait de leur gigantesque taille ils ravagent parfois quelques bois, creusent les sillons de rivières nouvelles et changent leurs terres mais toujours ils débarrassent les royaumes des ennemis de l’harmonie. Un béhémoth souvent les rassasie, quelques griffons. Ils chassent à l’affût, ne quittent leurs aires qu’en cas d’absolue nécessité et se tiennent éloignés des hommes.

 

Seul le peuple de Llyw, peuple des être à demi animaux, les peuvent visiter sans danger ni risque aucun car leur bestialité commune les lie. Ils savent la langue des hommes et celle des bêtes mais ignorent le langage des Anciens. Ils furent en les âges premiers les compagnons de Norn et du Manticore et considérés par maints peuples comme des oracles sûrs.

 

À présent protégés par le peuple des hommes-bêtes et celui des lycans ils ne craignent plus la chasse et quittent plus souvent leurs repaires. Il n’est plus aussi rare de les croiser, au fond d’une vallée, dans l’immensité azuréenne, au fond des vastes eaux. Les voyageurs et les naturalistes s’accordent tous sur un point crucial. Ils vivent en si parfaite osmose avec leur terre que la nature au fil de leur croissance prends en partie possession de leurs corps. Cette métamorphose ne concerne pas seulement leurs écailles mais également leurs faces et leurs queues. Elle modèle leur corps, leur donne l’art de la dissimulation et les arme pour les chasses. Il existe d’ailleurs des ophax aux écailles lisses sur lesquelles s’étendent plumages et fourrures, afin de se protéger des frimas et des eaux glacées du septentrion. Les givres leur donnent alors allure de dagues cristalline.

 

 

Ils sont créatures de justice et d’harmonie, capables de se sacrifier pour mettre un terme à une guerre intestine, faisant de leurs corps un barrage aux légions belliqueuses. Ceci est un évènement de grande rareté tant leur survie est déterminante pour leur espèce. Ils n’ont descendance qu’une unique fois au cours de leurs vie et les parents unis dans la vie comme dans la mort périssent à la naissance des petits, formés et vivants. Leurs cadavres serviront de premiers repas à la progéniture qui, selon ses origines s’en ira dès le banquet achevé s’établir en son antre. Ainsi se perpétue le cycle de la vie chez les ophax.

 

 

Alors cher visiteur des Terres d’Ilhyya, si jamais vous veniez à croiser l’un de ces monstres légendaires gardez lame au fourreau, admirez-le et si la hardiesse est assez grande lancez l’appel. Qui sait, vous pourriez ressortir plus sage de cette rencontre.