Souverains du royaume d’Hélios, maîtres en leur île, seigneurs de leurs palais immenses les dieux et les déesses d’Hélios, bien que nombreux ne furent en tous temps les maîtres des neuf royaumes. Ils ne furent pas plus à l’origine de toute chose, seulement des peuples des Terres d’Ilhyya mais cela est une autre histoire.

 

Nés de la Grande Déesse, Ilhyya, incarnation des forces ancestrales de la nature mère, ils furent après les bêtes et les Anges, les créatures les plus anciennes des neuf royaumes. Porteurs des forces antiques, nés de l’essence d’Ilhyya ils maîtrisent les uns les forces élémentaires, d’autres une partie des grandes terres, certains même se partagent les vastes eaux. Il était des dieux et des déesses de la guerre, des sources, des monts, des plaines et des forêts, des terres de feu et des landes blanches. Certains régnaient sur la nuit d’autres sur les arts ou la lumière.

 

 

Peu à peu ils prirent leurs place, se parèrent de titres et de rangs, dieux majeurs, dieux mineurs, dieux tutélaires et dieux originels. Ce qui n’était que jeu devint enjeu, et des rires naquit l’orgueil et la vanité, chacun faisant son palais et son île à son image. Peu à peu ils firent montre de leurs pouvoirs, de leurs sagesses arcaniques. Figures humaines, afin de ne point effrayer leurs créations ils prenaient apparence bestiales, s’unissaient avec leurs protecteurs. Durant bien des lunes ils quittaient le divin royaume, prenant habitude de se mêler aux hommes et de paraître devant eux sans rien cacher de leur nature, renforçant la foi que les peuples plaçaient en eux.

 

 

Le temps lentement les changeait, insufflait en leurs cœurs les pensées mauvaises qui par leurs passions et leurs emportements changèrent la nature même de leur essence et contre cela Ilhyya demeura impuissante.

 

 

Ils régnèrent sur toute choses et furent durant des milliers et des milliers de lunes des divinités protectrices, bienfaisantes et bienveillantes pour les hommes qui en retour les vénéraient, leur érigeaient des temples, louaient leurs noms et consentaient pour eux des sacrifices parfois fort coûteux. Mais ils devinrent bientôt arrogants et envieux, empoisonnés de ces passions humaines dont ils se riaient. Petit à petit germaient dans leurs cœurs les envies et les désirs, petit à petit s’embrasaient les feux de la guerre.

 

Alors sur les îles s’érigèrent les murailles et les remparts, s’élevèrent les tours et les pièges, se cachèrent les cercles de magie. Et dans la noirceur d’Hélios naquirent les spectres de leurs défaites à venir. Ils délaissèrent les hommes, ne répondirent plus auxx appels aux secours, abandonnèrent leurs royaumes aux caprices et aux tourments de la nature. Eryys, déesse de la guerre, conquit bien des terres, lança contre la folie divine ses armées toutes caparaçonnées, mais dans le cœur des hommes l’espoir se mourait. Leur vénération se changea peu à peu en indifférence, les temples furent abandonnés, les ordres dissous et les offrandes oubliées. Alors les dieux découvrirent leurs vraie nature et dans les abysses de l’oubli furent plongés.

 

 

Mais la déesse ne les pouvait ainsi abandonner et dans son infini amour leur offrit un royaume vierge de tout autre créature que les bêtes. Ainsi devinrent ils les dieux oubliés tandis que se levait, dans les limbes du temps un nouveau panthéon. Et du passé ils apprirent les leçons, redoutant les ombres et les créatures tapies dans la noirceur du Chaos.